Quand la cure thermale devient la solution préventive à bien des maux…
Cancers, diabète, maladies chroniques… En 2017 l’Assurance maladie a présenté au Gouvernement une étude cartographique des dépenses de santé, pathologie par pathologie, de 2012 à 2015. Elle a également procédé à une analyse prospective jusqu’à 2020. Or il s’avère que les pathologies qui demandent le plus de dépenses correspondent à celles qui peuvent être prises en charge par la médecine thermale. Éclairage sur la pertinence de la médecine thermale dans le contrôle des dépenses de santé.
Cure thermale et prévention : une équation gagnante
« Quand on parcourt le rapport qui a été produit pas l’Assurance maladie, on y trouve une cartographie des maladies chroniques qui sont prises en charge pour un budget global, en 2016, de 158 milliards d’euros » constate Claude-Eugène Bouvier, Délégué général du CNETh. « J’ai été surpris de découvrir que la famille de pathologies qui a concentré les dépenses les plus importantes sont les maladies psychiatriques avec l’usage des psychotropes (dont les benzodiazépines) y compris devant les cancers, les maladies cardiovasculaires ou encore le diabète » s’étonne t-il. « Nous constatons que sur ces quatre types de pathologies, la médecine thermale a une réponse à apporter » note le délégué général du CNETh.
Les preuves sont d’ailleurs au rendez-vous : si l’on prend l’exemple cité plus haut de la consommation de psychotropes, le service médical rendu de la cure thermale a été prouvé à la fois dans la prise en charge du trouble d’anxiété généralisé par l’étude STOP-TAG, mais aussi dans la réduction de la consommation de benzodiazépines. L’étude SPECTh a prouvé l’intérêt de la cure thermale pour délivrer aux patients désireux de se sevrer des benzodiazépines une intervention éducative destinée à arrêter ou réduire significativement la consommation de ce type de médicaments, particulièrement problématique en France.
L’équation reste simple : plus de prévention et une meilleure gestion de la maladie chronique sur le long terme revient à moins de dépenses de santé. Or le temps de la cure est particulièrement favorable à la mise en œuvre d’une démarche de prévention, grâce à l’unité de temps, l’unité de lieu et l’unité d’action.
“ Notre action este efficace puisque les curistes sont à l’écoute des conseils qu’on leur donne sur leur qualité de vie et l’importance de leur alimentation ”
La triple unité de la cure : temps, lieu et action
Les trois paramètres propres à la médecine thermale (unité de lieu, unité de temps, unité d’action) permettent aux établissements d’être des acteurs privilégiés de la prévention. D’ailleurs, “ les partenaires de l’établissement thermal, les hôteliers, les commerçants, jouent leur rôle dans cet objectif de prévention. C’est même devenu un concept : celui des stations de pleine santé ”, ajoute Claude-Eugène Bouvier.
Michèle est diététicienne en station thermale. Pour elle, la cure est le moment idéal pour apprendre à prendre soin de soi, et notamment à bien s’alimenter. Mais ce qui compte, surtout, c’est d’emporter ces conseils avec soi et de continuer à les appliquer en dehors de la cure. “Notre travail ici est différent de celui en milieu hospitalier : on peut prendre le temps de faire de l’éducation nutritionnelle, à travers des ateliers et des consultations, en groupe ou individuellement ” explique-t-elle.

« La cure est un moment à part. Les curistes sont coupés de leur environnement habituel — et de leurs tentations quotidiennes. Ils sont là pour s’occuper de leur santé, ils sont plus détendus, plus reposés et finalement, tout naturellement, l’idée de se poser des questions par rapport à sa façon de manger vient toute seule. D’ailleurs, le fait d’être en groupe est aussi un facteur positif : il y a une vraie entraide, une émulation entre les curistes qui cherchent à atteindre un objectif similaire — avoir une meilleure qualité de vie” constate Michèle.

Quel poids pour la médecine thermale ?
325 millions d’euros de dépenses thermales soit 0,16% du budget global de l’Assurance maladie !
Parmi les 325 millions d’euros de dépenses thermale, ce qui est pris en charge :
- Troubles psychosomatiques,
- Diminution de la prise de médicaments (benzodiazépines),
- Maladies chroniques,
- Obésité et surpoids,
- Diabète et troubles du métabolisme,
- Arthrose et rhumatismes,
- Suites des cancers,
- Maladies cardiovasculaires, etc.
Le cas du diabète
Dans le cas du diabète, la cure thermale participe d’un travail précieux, alors que cette pathologie figure parmi les maladies les plus coûteuses pour l’Assurance maladie. Entre 2016 et 2020, l’Assurance maladie mise sur une augmentation de 12 % du nombre de diabétiques.
Le séjour thermal offre un complément éducatif dans l’éventail thérapeutique de la prise en charge des diabétiques : la démarche a fait ses preuves et apporte des bénéfices à court et à plus long termes, notamment dans l’adhésion au traitement. Le personnel en cure veille à inculquer les bons réflexes au curiste, et à corriger les mauvais gestes du quotidien : contrôle de la glycémie, bonne observance thérapeutique et en conséquence, retardement des complications.
Plus la prescription de la cure est précoce après le diagnostic, moins le capital pancréatique va se dégrader rapidement.
Pour Monique, diagnostiquée en 2007, la cure s’est révélée être une aide précieuse dans la prise en charge de sa maladie. Et une solution idéale pour prévenir son aggravation. “En faisant une cure, je souhaitais prendre du temps pour moi. Avoir des informations sur la maladie son évolution, sur les traitements, avoir des conseils et des repères sur le plan diététique ; surtout je redoutais une aggravation rapide et le passage à l’insuline” explique-t-elle.
Pour la curiste, c’est l’alimentation, le nerf de la guerre. Une guerre difficile à entreprendre seule : “La difficulté pour moi c’est d’éviter les grignotages… J’ai besoin d’une diététicienne mais aussi d’une aide psychologique pour comprendre les mécanismes à l’oeuvre et trouver une réelle motivation, et ça je l’ai en cure thermale” révèle Monique.