Quelles pratiques adopter pour éviter une hospitalisation ? Comment prendre soin de sa santé durablement ? La prévention revient très souvent comme une solution pour l’amélioration de la santé publique. C’est une des missions essentielles de la médecine thermale : depuis toujours, les experts du thermalisme défendent avec conviction la place de la prévention dans le parcours de sortie du patient.
L’éducation thérapeutique du patient (ETP) : pierre angulaire de la prévention en santé.
Lors de leur séjour, les curistes sont amenés à participer à plusieurs activités destinées à compléter leurs savoirs en santé : stages, ateliers, tables rondes, conférences … de nombreux outils sont proposés pour que le patient, de retour chez lui, gère mieux sa maladie au quotidien.
La loi « Hôpital, patients, santé et territoires », promulguée en 2009, et les textes réglementaires qui ont suivi, soutiennent la mise en œuvre de programmes d’éducation thérapeutique autorisés par les Agences régionales de santé, sur la base d’un cahier des charges national. Plusieurs programmes d’éducation thérapeutique ont ainsi été élaborés dans le cadre d’une coopération CNETH-AFRETH et Association Française pour le Développement de l’Education Thérapeutique (AFDET). Chaque programme a été conçu par un groupe de travail associant des professionnels de santé, des responsables d’établissement thermaux et des représentants d’associations de patients. Une quinzaine de stations thermales participent à la mise en place de programmes agréés par les ARS dans des domaines variés : asthme, insuffisance veineuse chronique sévère, fibromyalgie, syndrome métabolique, psoriasis et eczéma, polyarthrite rhumatoïde.
D’autres sont en cours de demande d’agrément dans les domaines suivants : sevrage des benzodiazépines, réhabilitation post-cancer du sein, arthrose.
N’hésitez pas à en parler à votre médecin et à la station dans laquelle vous avez prévu d’effectuer votre cure thermale pour savoir quels programmes sont proposés.
La cure thermale : un moment idéal pour une prise en charge globale du patient

La cure conventionnée, c’est bien sûr 18 jours de soins à base d’eau et de boue thermale, mais c’est aussi une rupture avec le quotidien et une occasion unique de prendre soin de sa santé. La plupart des stations thermales sont situées dans un environnement calme et propice aux activités en extérieur. Les soins ne se déroulant que sur une demi-journée, ils laissent aux curistes l’occasion de pratiquer des activités physiques douces, de faire des balades en groupe, et plus simplement d’échanger avec d’autres personnes souffrant des mêmes maux. Les médecins et agents thermaux accompagnent les curistes à chaque étape du séjour : ils sont également là pour apporter des conseils personnalisés, adaptés à chacun, et les aiguiller pour un retour en douceur à domicile. Rares sont les occasions de prendre soin de soi en profondeur. En cure thermale, cette immersion dans un environnement entièrement tourné vers la santé et le bien-être s’avère souvent particulièrement utile.
Surpoids, diabète, maladies chroniques
C’est notamment le cas pour des patients souffrant de surpoids ou d’obésité.
En France, les chiffres de l’obésité et du surpoids ne cessent de croître depuis 12 ans, avec une augmentation annuelle moyenne de 6%. Aujourd‘hui, 1 Français sur 3 est en surpoids et l’obésité concerne 15% de la population française. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, de nombreux cas de diabète, de maladies cardio-vasculaires ainsi que le déclenchement de certains cancers sont liés à la surcharge pondérale.
En cure pour perdre du poids, les bénéfices se situent donc à plusieurs niveaux : les curistes perdent durablement du poids et apprennent les réflexes d’hygiène de vie leur permettant de mener une vie plus équilibrée, même une fois loin du contrôle du personnel thermal. Ils prennent également globalement soin de leur santé en ménageant leur organisme et en prévenant l’apparition possible de maladies associées.
La prévention est également cruciale pour les patients atteints de diabète : une mauvaise hygiène de vie ou un manque de surveillance peuvent mener à des complications redoutables. La cure permet de conserver plus longtemps un capital pancréatique satisfaisant. Les études ont aussi prouvé que les curistes respectaient plus facilement leur traitement.
C’est également le cas chez les patients atteints de maladies chroniques (gonarthrose, lombalgie, polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie). Le séjour thermal, en plus de soulager, permet aux malades chroniques de conserver les attributs d’une vie quotidienne plus autonome et mobile : diminution de la douleur (dans sa durée et dans son intensité), baisse de la consommation médicamenteuse mais aussi amélioration de la qualité de vie et des capacités à effectuer soi-même des tâches quotidiennes.
Enfants : un investissement pour le futur
Les enfants sont encore plus concernés par la prévention que les adultes : touchés en pleine croissance par la maladie, les aider à y faire face est d’autant plus importants que la prise en charge de la pathologie conditionnera en grande partie leur vie d’adulte.

Un enfant asthmatique qui ne peut pratiquer certains sports avec ses amis, manque régulièrement les cours et
souffre du stress lié aux crises potentielles, gardera les traces de cette expérience. Il en va de même pour un enfant présentant un eczéma sévère qui devra gérer, en plus des souffrances liées aux démangeaisons, le regard des autres enfants et leurs remarques parfois cruelles.
En apprivoisant la maladie, en apprenant à mener une vie normale, en suivant des ateliers avec d’autres enfants, ceux-ci apprennent l’autonomie et retrouvent confiance en eux. En plus d’être soulagés et de consommer moins de médicaments, ces enseignements leur seront utiles toute leur vie.
Les ateliers de pommadage
Le but de cet atelier est d’apprendre aux enfants atteints d’eczéma à bien appliquer
les crèmes prescrites par leur médecin, tous les jours et de manière autonome. Les enfants viennent à l’atelier avec leur propre crème, et apprennent de manière ludique à s’hydrater efficacement. On leur apprend pourquoi il est important de ne pas se gratter, quel est le meilleur moment pour appliquer sa crème, ou encore comment bien se laver les mains avant le pommadage pour éviter les infections. Les petits curistes sont fiers de montrer leurs progrès à leurs parents, ces derniers étant rassurés par l’implication de leurs enfants dans le suivi de leur traitement.
Surconsommation de médicaments de dépendance
Des études scientifiques l’ont démontré : les cures thermales permettent de soulager durablement et de consommer moins de médicaments. C’est loin d’être anodin, à l’heure où de plus en plus de Français souffrent d’addiction médicamenteuse. Le thermalisme peut prévenir cet état de fait et peut également traiter l’addiction une fois installée.
Une des études a ainsi prouvé que les cures thermales permettent de diminuer considérablement voire de supprimer la prise de benzodiazépine (anxiolytiques) pour les patients atteints d’affections psychosomatiques. Ce sevrage, naturel et efficace, est particulièrement intéressant : la prise de benzodiazépine prolongée chez les sujets âgés augmente de 60% le risque de démence.
Étude Parkinson : Brefel-Courbon C, Desboeuf K, Thalamas C, Galitzky M, Senard JM, Rascol O, Montastruc JL. Clinical and economic analysis of spa therapy in Parkinson’s disease. Mov Disord. 2003 May;18(5):578-84
Autonomie : le défi du bien vieillir

La cure thermale se révèle un levier d’action privilégié pour les plus fragiles et pour la prévention de la dépendance.
Certaines stations thermales développent des accueils spécifiques pour les malades atteints d’Alzheimer ou de Parkinson et un accompagnement adapté aux aidants de ces patients, ou des stages de préparation et d’adaptation à la retraite.
Dans une société vieillissante, où chacun aspire à rester actif et autonome le plus longtemps possible, la cure s’impose comme une solution évidente. Elle répond même à l’exigence de la modération des dépenses de santé : des résultats obtenus sur un panel de patient ont prouvé que les personnes effectuant des cures effectuaient moins d’actes de santé (consultation médicale, kinésithérapie par exemple) à leur retour.